L’arrestation

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Un policier arrête un jeune garçon, sans véritable motif. La situation, presque insignifiante au début, devient progressivement cauchemardesque pour le jeune garçon, et une réelle machine à tensions et quiproquos pour le spectateur. Au lieu de devenir un affrontement attendu, la situation permet au “flic” de déverser devant sa victime étonnée, muette et de plus en plus inquiète, son point de vue sur le “pognon”, la “taule”, la discipline.
L’écriture de Mario Batista se détourne des archétypes et porte l’humanité des personnages. Ils ne parlent pas pour nous raconter une histoire ou faire avancer une intrigue, mais pour permettre aux personnages de s’en sortir.

Si plusieurs évènements ont conduit à des affrontements violents entre les forces de l’ordre et des jeunes de banlieue, L’Arrestation semble pouvoir répondre à une situation où le sensationnel porté par les médias empêche toute forme de discernement. Cette pièce  permet de mettre en lumière des réalités parallèles pour tenter de conjurer leur incommunicabilité. Ainsi, la portée de ce texte par rapport à l’actualité récente, tout comme la volonté de poursuivre l’adresse à un public adolescent, rendaient nécessaire la reprise de ce spectacle que nous avions créé en 2012.

En retravaillant le dispositif scénique, Christophe Laluque proposera une version plus frontale et susceptible d’animer l’imaginaire du spectateur et sa capacité à s’identifier au personnage. Le rôle de témoin auquel le spectateur était convié, en étant, dans la première version, immergé au cœur de la scène, sera maintenant traité par l’utilisation de la vidéo et un rapport direct au public.

 



Tout public à partir de 12 ans

Texte : Mario Batista
Mise en scène : Christophe Laluque
Le policier : Bruno Pesenti
Le jeune : distribution en cours
Création lumière : en cours
Création sonore : Nicolas Guadagno

 


 

Le mot de l’auteur

Bien que j’écrive des pièces de théâtre, je ne me suis jamais posé la question du genre. Ce qui me plaît au fond c’est l’écriture. Avec cette caractéristique particulière de l’écriture théâtrale, qui fait qu’on est obligé d’être précis et concentré. L’écriture théâtrale ne tolère pas le
relâchement, elle demande une énergie colossale, et c’est sûrement ce qui lui donne sa dimension poétique. J’écris des pièces de théâtre dont je rêve qu’elles soient des poèmes. Des pièces, dont je rêve qu’elles réinventent la langue, qu’elles fassent entendre notre langue commune comme une langue étrangère. Je rêve que mon écriture théâtrale rende des sentiments ou des sensations impossibles, comme ce fameux Cri de Munch, ou des bégaiements ou des tremblements. Une écriture capable de rendre visible ce qui est invisible.
L’écriture doit être un défi à l’imagination, un défi aux habitudes, un défi à ce qui est connu. Elle doit ouvrir le champ à des univers nouveaux. Et quand elle est théâtrale elle doit à chaque nouveau poème réinventer le théâtre. Elle doit faire que les metteurs en scène s’arrachent les cheveux, puis qu’ils s’implantent ensuite de nouvelles perruques. De nouveaux dispositifs. Et si je tiens à ce qu’elle soit poétique, c’est que bien que je la désire inventive et ouvrant sur l’inconnu, elle n’est jamais expérimentale. Elle se reconnaît en nous..

Mario Batista.




Dates
  • Avignon Off 2019, Artéphile
Téléchargements (pour les professionnels)


Dossier sur demande.