Félix

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Composée à partir de deux textes de Robert Walser, Félix et L’Étang, la pièce raconte l’enfance de Félix, depuis ses quatre ans, jusqu’à son adolescence. Le regard porté par l’enfance sur le monde adulte est, avec Robert Walser, dénué de toute mièvrerie, mais aussi de sentimentalisme. Félix pense et parle comme un adulte. La franchise dont il fait preuve dans les rapports avec ses parents, son frère, sa sœur, lui donne une certaine cruauté distinguée. Mais ce sont les sentiments complexes et non dits qu’il éprouve envers sa mère qui animent le drame. Pour éprouver l’amour maternel, Félix va prétendre se noyer dans un étang.

Voyant sa vie comme « une veste en lambeaux » qu’il dit devoir aller « rapiécer », Walser nous touche par la force des images avec un style littéraire d’une simplicité exemplaire. Il nous renvoie des images d’enfants intelligents, sensibles, anticonformistes, courageux et libres.

 

 

 

 


Amin Théâtre, "Félix" - Photo et graphisme © Timor Rocks !
En attendant l’affiche…


Tout public à partir de 8 ans. Durée : 45 mn.

Texte : Robert Walser
(Félix et L’Étang, éd. Zoé, 2016.)

Mise en scène : Christophe Laluque
Assistante à la mise en scène Jeanne Peylet-Frisch
Création lumière : Jacques Duvergé
Création vidéo, mapping : Mehdi Izza / Trafikandars
Musique, création sonore : Nicolas Guadagno
Jeu : Rémi Fortin, Antoine Michaelis, Irina Solano et Laura Zauner

Diffusion : Héloïse Froger, diffusion[[at]]amin-theatre.fr ou 06 76 82 17 17

Coréalisation : Théâtre Dunois
Production : Amin Théâtre

Soutiens : DRAC Île-de-France – Ministère de la culture et de la communication
(cie conventionnée), Région Île-de-France, Conseil Départemental de l’Essonne.

 

 


 

L’écriture de Robert Walser m’accompagne depuis très longtemps. Il y a vingt ans, l’un de mes premiers spectacles, intitulé J’sais pas quoi faire , interrogeait l’ennui et l’imaginaire de l’enfance en faisant se croiser, entre autres, Gaston Bachelard et Robert Walser.

Dans les romans, nouvelles, lettres ou pièces de Walser, la naïveté et la candeur des personnages sont portées au rang de poésie. L’écriture très élaborée, cherchant à atteindre la précision la plus tranchante et la vérité la plus imparable, nous plonge directement dans l’enfance sans jamais renvoyer la moindre mièvrerie. On est au contraire amusé par une sorte de cruauté légère et d’évidence. C’est une écriture profonde et simple, à hauteur d’enfants, comme chez d’autres auteurs qui nourrissent mon théâtre tels que Jon Fosse, Terjei Vesaas, Rainer Maria Rilke… Le vocabulaire et la syntaxe, parfois volontairement désuets, grandissent les personnages qui font preuve d’une humilité exacerbée dans un langage soutenu. Cela confère finalement à l’ensemble une singularité d’une extrême modernité.

Les courtes pièces Félix et L’étang ont en commun de suivre des protagonistes qui sont des enfants. Walser les situe également toutes les deux dans un univers familial. La quête de sens face aux grandes questions existentielles, tout comme la place que chacun occupe, et les rapports d’amour et de force que chacun entretient avec son entourage, sont présents dans les deux textes. En réunissant ces deux pièces, je souhaite, au final, n’en faire qu’une seule en intercalant différentes scènes de chacune d’elles. Si L’étang commence lorsque le jeune Fritz a environ dix ans, la première scène de Félix nous présente un enfant de quatre ans qui réfléchit et parle comme un adulte, tout en se posant les questions qui sont celles de son âge. Les scènes de Félix nous permettent ainsi de voir grandir et se construire le jeune Fritz, de nous y attacher jusqu’au moment du drame. Ces scènes nous permettent aussi de mieux comprendre ensuite ce qui se joue entre l’enfant et sa mère, et de proposer ainsi comme un récit initiatique.

Je souhaite faire entendre ce que nous, enfants, pouvons ressentir et comprendre, depuis notre petite enfance jusqu’à l’adolescence. Donner à voir ce que nous sommes vraiment à cet âge ! À la soi-disant insouciance, immaturité, aux velléités, aux jeux et à la distraction dont on affuble aujourd’hui les enfants, opposer la mélancolie, le souci, la réflexion, la philosophie et la plénitude des sentiments qui caractérisent en réalité bien souvent nos jours d’enfance.

Traiter du manque d’amour, de la tristesse et de la mort… en s’adressant à du public jeune, à travers des situations familiales qui permettent aux enfants de s’identifier dans leur rapports à leurs frères et sœurs ou à leurs parents, qui permettent aussi aux parents de comprendre leurs enfants, ou de se remettre en cause, comme le fait la mère de Félix dans la pièce, c’est ouvrir la voie à un théâtre philosophique pour la jeunesse.

Christophe Laluque

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