On nous dit rien !

 

L'Amin Compagnie Théâtrale présente Vole entre les deux " Êtes-vous prêts à entendre la voix de vos enfants en colère ? " Mise en scène Christophe Laluque Écriture collective d'après le mythe de Dédale et Icare Un spectacle jeune public, mêlant théâtre et danse contemporaine Entre le conte et la poésie, le théâtre et la danse, " Vole entre les deux " redessine l'histoire d'Icare à travers les recommandations du père, Dédale, et de la mère, Naukrité, données à leur fils. Ici, c'est la parole de l'enfant qui est portée haut et fort, à l'image du choeur d'enfants présent sur scène lors de certaines représentations. Avec Hélène Belvaire, Stéphane Giletta, Bruno Pesenti

Normalement, là, j’arrive avec des nouvelles. Bonnes ou mauvaises. Des infos sur cette affaire de la Friche qui nous occupe depuis deux ans, sur les manoeuvres des unes, des uns et des autres pour nous épuiser, nous étrangler financièrement et tenter de nous faire partir. Et bien non, moi j’ai rien ! Nous avons redemandé le règlement amiable des subventions qui nous sont dues, histoire d’éviter le tribunal : zéro réponse ! On nous cache tout. Et vous m’en apprenez souvent bien plus sur nous que nous n’en savons nous-même.

C’est l’avantage d’un lieu appartenant à tous. Car grâce à vos soutiens, vos dons et votre présence nous sommes tous locataires de cette fabrique d’art et de culture, ce théâtre de partage, de liberté et de résistance, ce laboratoire d’expérimentation pour les amateurs et les professionnels de pratiques artistiques en tout genre. Donc tous concernés, tous engagés !

Alors nous continuerons à louer tant que nous en aurons les moyens, le bail nous en donne le droit : c’est pourquoi le Conseil départemental de l’Essonne nous a retiré 70 000€ cette année. En décembre 2015, nous avions rencontré l’éventuel futur acheteur de la Friche : prêt à s’entendre avec nous, cordial et droit… mais plus de nouvelles. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé !

En attendant, fatigués et fragiles, nous poursuivons l’activité :

  • les ateliers pour enfants et adultes
  • les soirées JeudiVague, une fois par mois, pour découvrir des projets naissants et discuter
  • l’accueil de compagnies en répétitions et créations de spectacles
  • et à partir de janvier le partage du lieu avec d’autres compagnies « permanentes »

Nous avons besoin de vous et de vous voir. On n’est pas contre faire tout ça ailleurs, si ça peut arranger ceux que ça énerve. Mais il faut que cet ailleurs ait un toit et quatre murs pour vous accueillir ! Ça c’est pour la Friche.

En ce qui concerne la compagnie :

  • nous sommes conventionnés par la Drac Idf depuis cette année
  • nous continuons nos résidences dans la communauté de commune du Val bréon (77) et à Fontenay/bois (94) avec la poésie comme ligne artistique
  • nous jouons Fleur Bleue (Die Blaue Blume) à la Fête de l’Humanité les 9 et 10 septembre
  • nous créons Mirad, un garçon de bosnie à la Cavalerie du théâtre du Menteur (91) le 7 octobre, puis du 14 au 18 octobre à la Friche
  • nous reprenons Fleur Bleue (Die Blaue Blume) à Fontenay/bois du 3 au 5 novembre, puis au Colombier à Bagnolet du 16 au 19 novembre
  • nous tournerons Le dernier Dodo dans les villes de la communauté de commune du Val Bréon (77) du 28 novembre au 10 décembre
  • nous créons une deuxième version de Mirad à la Friche du 26 au 28 janvier puis aux Ullis (91) les 2 et 3 février
  • enfin nous reprenons Vole entre les deux au Festival’bréon (77) du 2 au 14 mai

Tout ça, bien sûr, est accompagné d’actions de sensibilisation avec notre Théâtrobus, dans les bibliothèques, les écoles ou structures socio-culturelles et en appartement. Si on y arrive, donc, on devrait vous en donner des nouvelles !

Tout public

 

Il y a ceux qui font du théâtre et ceux qui en profitent.* Ceux qui savent pour qui ils le font, et ceux qui s’en foutent du moment que ça rapporte.

Il y a ceux qui parlent de nous sans savoir ce qu’on fait, ceux qui leur répondent de venir nous voir.

Il y a ceux qui viennent avec des amis, ceux qui viennent en famille, ceux qui viennent en couple, ceux qui viennent tout seul.

Il y a ceux qui veulent du théâtre juste pour rigoler, sans prise de tête, des portes qui claquent, des grimaces, des prouts, des boute-en-train, des pitreries et des vedettes. Il y a ceux qui veulent du théâtre pour comprendre le monde.

Il y a ceux qui viennent pour se faire voir, ceux qui accompagnent, ceux qui sont obligés, ceux qui n’imaginaient pas pouvoir venir un jour, ceux qui entraînent, ceux qui suivent, ceux qui viennent pour être émus, ceux qui viennent pour briller, ceux qui viennent pour sortir, ceux qui viennent pour apprendre, ceux qui viennent pour dire du mal, ceux qui viennent pour dormir, ceux qui viennent pour réfléchir (pourquoi pas en rigolant), ceux qui viennent pour applaudir.

Il y a ceux qui ne viendront jamais, et ceux qui sont toujours là, ceux qu’on attendait, et ceux qu’on espère. Il y a ceux qui viennent pour la première fois, ceux qui ne reviendront jamais, ceux qui se demandent.

Il y a ceux qui lisent les critiques, ceux qui lisent le programme, ceux qui lisent le journal, ceux qui lisent un livre, ceux qui lisent leur ticket, puis ceux qui regardent la scène. Ceux qui arrivent en avance, ceux qui arrivent en retard et ceux qui sont juste à l’heure.

Il y a ceux qui savent déjà que ça ne va pas leur plaire, ceux qui n’ont pas compris avant même que ça commence, ceux qui sont déjà contents d’être là.

Il y a ceux qui parlent avant, ceux qui parlent pendant, ceux qui parlent après, et ceux qui ne disent rien. Ceux qui rient pour un rien, ceux qui dorment, ceux qui regardent ailleurs, ceux qui pleurent.

Il y a ceux qui attendent du théâtre ce qu’ils savent déjà, et ceux qui ne savent pas ce qu’ils vont y trouver. Ceux qui sortent bruyamment, ceux qui s’ennuient à mourir, ceux qui savourent leur plaisir. Il y a ceux que l’art dérange et ceux qui ne peuvent pas vivre sans. Ceux qui le bâillonnent et ceux qui le défendent.

Il y a ceux qui gardent un casque sur les oreilles, ceux qui font chut, et ceux qui écoutent.

Il y a ceux qui n’éteignent pas leur téléphone, ceux qui le mettent en silencieux, ceux qui envoient des sms, et ceux qui répondent pendant le spectacle. Il y en a aussi qui n’ont pas de téléphone.

Il y a ceux qui sont transformés, ceux pour qui rien ne s’est passé, ceux qui se sentent plus forts, ceux qui vont agir maintenant qu’ils ont vu ça.

Il y a ceux qui se lèvent, ceux qui restent assis, ceux qui veulent boire un coup, ceux qui veulent rentrer chez eux.

Il y a ceux qui veulent qu’on parte et ceux qui veulent qu’on reste. Il y a ceux qui me trouvent triste, ceux qui me trouvent joyeux, ceux qui me trouvent très méchant, ceux qui me trouvent trop gentil, ceux qui travaillent avec nous, ceux qui travaillent contre nous, ceux qui nous encourage, et ceux qui nous décourage. Il y a ceux qui veulent prendre ma place, et ceux qui me donnent la leur.

* Formule empruntée à François Truffaut sur le cinéma.