La presse en parle

LA TERRASSE / FOCUS -251-FONTENAY~EN~SCÈNES

ENTRETIEN / CHRISTOPHE LALUQUE

SENSIBILISER 100% DES ENFANTS

Publié le 26 janvier 2017 – N° 251

Christophe Laluque dirige la compagnie théâtrale Amin, choisie par Fontenay-en-Scènes pour une résidence jeune public de trois ans. Rencontre avec un metteur en scène qui ne conçoit pas son métier sans action culturelle.

En quoi consiste votre résidence jeune public ?

L. : Depuis la création d’Amin, j’essaie de proposer du théâtre contemporain pour les enfants et d’apporter une exigence dans le choix des textes, des auteurs, des formes des spectacles. A Fontenay, nous travaillons beaucoup avec les scolaires, les enseignants, mais aussi les familles. Le spectacle donné l’an dernier, Icare, commençait ainsi : « Etes-vous prêts à entendre la voix de vos enfants en colère ? » Dès le début, on dit aux parents que le spectacle les concerne aussi. Dans l’idéal, j’aimerais que 100 % des enfants soient sensibilisés au travail que l’on fait. Dire juste : « je vous présente un spectacle et prenez ce que vous pouvez », je n’y crois pas trop.

Vous accordez une grande importance à la pratique.

L. : Je pense qu’une vraie politique d’action culturelle passe par la pratique. Nous avons ainsi mis en place des « BIP » : des brigades d’interventions poétiques. En seulement deux séances, les enfants choisissent un texte, le travaillent, puis interviennent dans des classes pour le dire à d’autres élèves. Comment, très rapidement, expérimenter l’acte théâtral : l’émotion, la peur de passer la porte, se faire entendre… C’est très formateur. Cela vaut un an de cours magistral !

A quoi mesurez-vous que le travail de sensibilisation porte ses fruits ?

L. : La première fois que les enfants participent à ces brigades d’interventions poétiques, ils ont la peur au ventre, mais ensuite, ils ne veulent plus s’arrêter ! Leur investissement sur l’apprentissage du texte est aussi très fort : il est rare qu’ils ne l’aient pas appris. Enfin, leur travail fait des émules : d’autres classes veulent participer.

En quoi cette résidence est-elle importante pour vous ?

L. : C’est un plus par rapport à la seule diffusion de spectacles. Cela permet de donner un sens à ce que l’on fait en tant qu’artiste. Au fil des mois, je revois les enfants, je les rencontre à la médiathèque ou ailleurs. Une fidélité s’installe. C’est très important parce que pour moi, l’action culturelle et le travail de metteur en scène, c’est la même chose !

Focus réalisé par Isabelle Stibbe


Vole entre les deux:Choeur d’enfants_Article journal de Fontenay_06:07-16