Critiques

Le manuscrit des chiens II : quelle merveille ! de Jon Fosse

Sur un plateau nu, au sol noir laqué fendu de deux traits blancs, et sur fond de vidéo mystérieuse évoquant cieux tourmentés et fonte des neiges, Christophe Laluque déploie la fable merveilleuse de Fosse dans une atmosphère dépouillée et évocatrice, à l’univers sonore soigné, aux lumières habiles, qui laissent sourdre et se fondre ensemble paysages nordiques et atmosphère fantastique. Écrite sous forme de monologue, l’histoire est racontée et incarnée – glissements fluides et incessants d’un registre à l’autre – par quatre comédiens qui ne font pas les chiens mais ne se prennent pas non plus complètement pour des hommes. Ménageant toujours l’entre-deux, le flou, la suggestion, les intentions intelligemment dessinées de la mise en scène laissent entendre les multiples échos que déploie le texte et construisent au final un spectacle tout à fait réussi.

Eric Demey  http://www.journal-laterrasse.fr/le-manuscrit-des-chiens-ii-quelle-merveille/ 

Christophe Laluque respecte infiniment l’œuvre de Jon Fosse dont il sait patiemment faire émerger le texte sur une scène, il respecte les acteurs avec lesquels il travaille, les amenant à une intensité maîtrisée et nue, il respecte le public, y compris le plus jeune, en croyant à sa capacité de projection et d’imagination. Ce respect, cette éthique, ce refus de l’esbrouffe nous renvoient évidemment aux valeurs de la Scandinavie.

Olivier Prévôt, http://espritdenarvik.fr/wordpress/manuscrit-chiens-quelle-merveille-jon-fosse-m-en-scene-ch-laluque/

Le dernier Dodo d’après Gilles Clément

Merci pour ce très beau spectacle. Beaucoup aimé la combinaison du texte avec la scénographie très efficace (surtout quand l’homme court !) , la mise en scène , les lumières. Texte fort bien construit, avec une interprétation sans faille, bravo à vous.

Gilles Clément (7 mars 2013)

Le Manuscrit des chiens I : Quelle galère ! de Jon Fosse – Création 2012

« La mise en scène de Laluque réussit à créer une atmosphère magique dans laquelle petits et grands trouvent leurs propres repères, leurs sentiments – c’est clair dans le petit débat qui clôt le spectacle. Pour autant, il n’y a rien sur le plateau. Juste une projection vidéo en fond de scène et un rideau/voile pour créer un ailleurs à Websterr et ses rencontres. Les trois comédiens échangent les pensées/désirs/rêves/rejets des protagonistes de façon choral. Un parti pris réussi, et notamment clairement tenu par Catherine Bayle. Passionnant, pour petits, ados et grands. »

Jean-Pierre Bourcier « Les chemins de la liberté » http://www.ruedutheatre.eu/article/1946/le-manuscrit-des-chiens-i (14 novembre 2012)

« J’ai toujours été une sorte de minimaliste » explique Jon Fosse, qui s’adresse aux enfants avec le plus grand naturel et de cette singulière écriture concrète et pourtant poétique, dont le rythme et le phrasé en disent plus que les mots. De l’espace scénique à la prestation des acteurs qui ne jouent pas le texte, mais le « respirent dans toute sa vérité », en passant par l’utilisation judicieuse et discrète de la vidéo, Christophe Laluque, se tenant délibérément au plus près de la sobriété de l’auteur, organise un spectacle choral tout palpitant de drôlerie et d’émotion. Parents, vous pouvez accompagnez vos enfants (à partir de 8 ans) vous ne le regretterez pas. »

Dominique Darzacq « Chienne de vie » http://www.webthea.com/Quelle-Galere-de-Jon-Fosse-3503 (7 novembre 2012)

Ce spectacle est le premier volet de la trilogie du « Manuscrit des chiens » de Jon Fosse, auteur norvégien, dont le style concret, et dense a séduit le metteur en scène Christophe Laluque. Jouant du détournement propre aux fables, l’auteur propose une vision de l’enfance qui rompt avec les idées attendues. L’extrême sobriété du jeu des acteurs répond à la simplicité voulue de l’écriture. L’utilisation de la vidéo est pensée pour alimenter le rêve né du texte. Elle reflète la sensibilité des personnages, visant la qualité des émotions loin des effets spectaculaires.

Stéphane Capron, http://www.sceneweb.fr/le-manuscrit-des-chiens-1-quelle-galere/

Noir et Humide de Jon Fosse – Création 2011

« Noir et Humide, un théâtre de l’imaginaire qui chatouille l’enfance adulte.

Christophe Laluque propose une véritable promenade en terrain sauvage, dans un théâtre qui se veut rare et poétique, à l’image de la biche surprise au petit matin dans des sous-bois dérobés – comme il aime à le présenter aux enfants avant le début du spectacle. Il faut être curieux et attentif, si l’on veut voir l’animal, si l’on veut être spectateur. (…)

Engagés sur un sentier d’ombre s’éclairant à l’approche des corps, les comédiens dessinent un espace scénique en mouvement qui longe les bancs de spectateurs disposés en une sorte de labyrinthe. (…) La scénographie et les lumières, fruits d’une collaboration de Christophe Laluque et de Franz Laimé, s’appuient sur l’imaginaire du spectateur pour construire le cadre de cette histoire qui se tisse derrière nos yeux, grâce à la parole. A chacun sa Lene, sa lampe de poche et sa cave. Le théâtre n’imite rien ici, il suggère pour une représentation qui nous est toute intérieure et singulière. Un voyage dans le territoire mystérieux de l’enfance et de ses désirs. »

Emma Letellier http://toutelaculture.com (15 novembre 2011)

« L’écriture minimaliste de Jon Fosse associé à la mise en scène de Christophe Laluque, qui délaisse les effets scéniques, font de la pièce une expérience sentimentale et sensorielle ».

Caroline Joubert http://grafiture.wordpress.com

Le texte de Jon Fosse possède un rythme qui va à l’encontre de tout ce que l’on propose généralement aux jeunes en ce moment. Il est composé d’un lexique minimaliste, de mots très simples qui sont répétés d’innombrables fois, comme pour marquer les allers et retours de Lene, ses peurs et ses désirs de transgression. Le côté répétitif du texte permet à l’auteur de créer une tension et de rendre théâtral un contenu qui n’en porte pas du tout les marques classiques.

Les choix de mise en scène de Christophe Laluque font écho à la simplicité de l’écriture : toujours dans la suggestion et jamais dans l’illustration.

Stéphane Capron, http://www.sceneweb.fr/noir-et-humide-de-jon-fosse-par-lamin-compagnie-theatrale/

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